Petit retour... sur notre retour !

Alors ce retour ? Ça se passe comment ?

Voilà 6 mois aujourd’hui que nous sommes rentrés. 6 mois que je me promets de clore, sans y parvenir, cette aventure par un article sur le retour… Peut-être parce qu’il est difficile d‘en terminer avec ce chapitre ? Peut-être parce qu’il est impossible de trouver les mots justes pour décrire un ressenti ? Je ferai ici de mon mieux…

Nous sommes revenus dans la même maison, dans la même vie et, hormis Christophe qui a changé de job, dans la même routine quotidienne.

Alors dire que le retour est difficile est inexact : nous savions où nous revenions et comment nous allions vivre. Nous connaissions tous les codes de notre société et les avons retrouvés tantôt avec amusement, tantôt avec dépit, mais pas vraiment avec surprise. Les mêmes lieux, les mêmes personnes retrouvés avec plaisir après une année d’absence.

La semaine du retour

La redécouverte de notre maison nous laisse stupéfaits : Quelle surface ! Quel confort ! Après cette année, cela nous semble presque indécent. Le ré-emménagement avec l’ouverture des cartons nous laisse pantois : notre valise contenait 2 pantalons, des T-shirts, des sous-vêtements et chaussettes, un pyjama, un pull et un sweat. Je vous laisse imaginer le sentiment au déballage des affaires... Dans cette société qui crée tant de besoins, nous n’avons pas conscience du nombre de choses que nous possédons !

Nous rions en considérant le nombre de pulls et laines polaires de chacun ! (il faut dire qu’on habite le norrrrd !).

Et notre placard à chaussures !!! Des baskets, des bottes, des mocassins, des souliers, des pantoufles, des escarpins, des bottines… nous qui avons porté une unique paire de chaussures de marche et des tongs pendant un an !!! 

Je suis heureuse de retrouver une cuisine toute équipée, même si, il faut l’avouer, le réchaud nous a suffi pour cuisiner de quoi nous régaler pendant un an.

Les enfants sont heureux de retrouver leur chambre, leurs livres et leurs jeux. Leur univers personnel leur avait un peu manqué parfois.

Bref vous l’avez compris, nous français vivons dans l’opulence (enfin, pas tous, je le sais !) sans en avoir conscience…

Le mois du retour

C’est bien sûr le mois des retrouvailles avec nos parents, familles et amis. Étreindre et embrasser les gens que nous aimons, après une année d’échanges sur Skype et Messenger, est un moment intense! Croiser dans la rue des personnes qui sont surprises et heureuses de nous revoir, échanger quelques moments avec ceux qui nous ont suivis, tout cela nous réchauffe le cœur.

Passée la première excitation des retrouvailles, nous reprenons nos anciennes habitudes avec une distanciation qui nous amène à regarder notre société française avec l’œil d’un étranger. Et la première chose qui nous saute à la face est la violence des français. Dans la communication orale comme gestuelle, le citoyen français est bien loin de la « zénitude » des sociétés que nous avons côtoyées cette année : le ton qui monte vite, le doigt d’honneur ou le coup de klaxon en voiture, ou plus banalement la discussion où, sous prétexte de franchise, un des protagonistes blesse son interlocuteur… nous nous sommes souvent sentis agressés dans notre bulle de bien-être… Ce fût une expérience forte de notre retour...

Nous avons aussi beaucoup ressenti la pression professionnelle exercée sur nos pairs et, à ce moment là, avons tous 2 redouté les temps à venir…

Et maintenant me direz-vous ?

Eh bien, l’aventure nourrit encore notre quotidien ! Et pas seulement au travers de la confection des albums photos ! Ce voyage a ouvert la porte de tous les possibles. On se sent comme le canari qui s’est échappé de sa cage quelques jours pour aller explorer l’extérieur avant de revenir au bercail : heureux de retrouver un lieu protégé où on est nourris et en sécurité, et pourtant convaincus qu’ouvrir nos ailes est un accomplissement, presque un instinct.

Dehors nous avons découvert la vraie vie. Parce qu’ici je le dis tout net « alors le retour à la vraie vie ? » est une question qui fait sourire : La vraie vie ? Celle où on bosse comme des fous pour avoir du pouvoir d’achat ? qui remplit notre porte-monnaie pour mieux remplir notre maison de gadgets inutiles et avoirs inutiles ? pour mieux gâter nos enfants ? mais jamais assez pour se sentir heureux ?

Moins on possède de choses et plus on se sent libres. C’est tellement vrai ! En un an, rien ne nous a manqué. Dans notre valise, nous avions l’essentiel pour vivre : quelques vêtements, quelques médicaments, quelques vivres. Rien de plus n’est nécessaire finalement !

Et aujourd’hui j’enfilerais bien mon gilet jaune moi aussi ! Pas pour mon pourvoir d’achat, mais pour mon pouvoir respirer, mon pouvoir être libre, pour sauver la planète, pour protéger les forêts, pour nettoyer les océans, pour préserver les glaces polaires, pour purifier l’air que je respire, pour permettre le même émerveillement aux générations futures…

Alors depuis la cage grande ouverte sur tous les possibles que ce monde a à offrir, le petit canari reprendra-t-il son envol pour visiter et/ou tenter de sauver le monde ? Restera-t-il pour profiter de ceux qu’il aime ? Trouvera-t-il un compromis entre les 2 ?

Des projets à plus ou moins long terme

En tous cas, les projets tournent dans la tête…

-       Celui que nous mettons actuellement en place consiste à tendre vers le « zéro déchet », on y est pas encore mais toute la famille s’y est mise ! Nos poubelles sont de moins en moins pleines… Il faut dire que le plastique, on en a assez vu en tdm pour toute une vie !

-       Les projets de voyages à venir : Pologne que Rémy souhaitait visiter pendant notre tdm, Islande où Helen nous attend, Afrique, Moyen-Orient (Jordanie ?) ou Colombie là encore le choix est large…

-       Et toutes les aventures qui peuvent s’offrir à nous dans les années qui viennent… Dont nous vous parlerons… peut-être… un jour !

Pour réfléchir

je vous laisse ici 2 textes qui aujourd’hui me touchent. Celui d’Edmond Hauraucourt qui ne voulait rien dire pour moi jusqu’à il y a quelques mois, et cette légende amérindienne remise au jour par Pierre Rabhi, qui nous donne du courage face à la tâche à accomplir pour restaurer notre monde…

Partir, c'est mourir un peu,

C'est mourir à ce qu'on aime :

On laisse un peu de soi-même

En toute heure et dans tout lieu.

 

C'est toujours le deuil d'un vœu,

Le dernier vers d'un poème ;

Partir, c'est mourir un peu. 

C'est mourir à ce qu'on aime.

 

Et l'on part, et c'est un jeu,

Et jusqu'à l'adieu suprême

C'est son âme que l'on sème,

Que l'on sème à chaque adieu...

Partir, c'est mourir un peu.

 

                          Edmond Hauraucourt

La légende du colibri

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! "

 

Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part."


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Commentaires: 2
  • #1

    Jacqueline (samedi, 15 décembre 2018 20:35)

    Voire notre vie de l'extérieur aide à donner importance à ce qu'il en a.

  • #2

    Cécile Chevalier (dimanche, 16 décembre 2018 15:04)

    Merci ! Je n'ai pas d'autre mot. Tout à fait d'accord avec ton ressenti et plein de bonnes ondes pour tout ce que vous avez envie de vivre��