L'état d'esprit jusqu'au départ...

A 10 mois du départ

  • Anne: L’aventure devrait commencer dans 9 mois. C’est encore incertain. Je suis emballée par le voyage, mais j’ai quelques réticences concernant les vaccins et la malarone. Je m’émerveille de chaque pays dont je prépare la visite. Pourtant, connaissant ma nature anxieuse, je sais que dans quelques mois, si le projet se réalise, je ne vais pas en mener large. Si cela ne devait pas se faire, c’est certain je serais déçue de rater cette grande aventure familiale, mais paradoxalement  je serais probablement soulagée de ne pas sortir de mon petit confort quotidien.

 

  • Christophe: Ça y est ! La décision est prise, on y va… Tout s’enchaîne dans la tête. Tout est à faire, par quel bout on le prend ? Déjà le voyage, les pays, il y a tellement de choses extraordinaires à voir, l’excitation monte. Les premières semaines on ne dort plus beaucoup, le cerveau ne s'éteint plus, on a que le voyage en tête, ce n’est pas grave, on n’est pas fatigués ! On est à fond dedans, je m’occupe du budget (charges en France et prix du voyage), Anne organise les pays les visas, les vaccins. Heureusement le routard et Internet sont là. Les choses avancent bien mais voilà, va-t-on partir ? On ne le saura avec certitude que dans 3 à 4 mois. Et là, l’excitation retombe.

 

  • Yoann: Je ne veux pas partir. Sur le coup j’ai trouvé ça cool, mais maintenant je ne sais pas du tout si je vais me faire à l’idée de partir.

 

  • Rémy: En ce moment je pense à l’avion que j’oubliais un peu avant. Je pense aussi et avant tout aux copains !

 

 

A 6 mois du départ

  • Anne: Je suis impatiente... Le projet m'anime au quotidien et je suis de plus en plus excitée par la visite des quelques pays à traverser. D'ailleurs à lire les routards, j'ai déjà le sentiment qu'un an n'y suffira pas!!! ;-D    Nous sommes dans la préparation active de certaines phases importantes -banques, location de notre domicile (ou pas?) et montage du dossier de sponsoring- et plus nous avançons et plus je mesure l'ampleur du travail de préparation. Je savais que ce serait énorme mais heureusement que nous sommes 2 pour le faire, seule ce serait vraiment décourageant!!! Je prends aussi doucement la mesure de cette année hors de France. Nous avons encore peu parlé du projet autour de nous: seule la famille et quelques personnes de confiance sont au courant du projet. Mais lorsqu'elles nous disent "un an sans vous? ça va faire bizarre!" je me dis que oui, même pour nous en "grandes" vacances, ce sera inédit voire insolite!

 

  • Christophe: Gros coups de mou pour moi à 8 mois du départ. Nous avons préparé beaucoup de choses, vécu uniquement autour de ce projet depuis 3 mois mais il faut attendre encore quelques semaines avant de savoir s'y l'on va partir... Je décide donc de faire un break et de ne plus penser et travailler sur ce tour du monde. Enfin, excepté une grosse discussion avec mon fils ainé qui s'est renfermé depuis que ma lettre de demande de congés est partie auprès de mon employeur. Mi décembre, Noël avant l'heure, la réponse tombe enfin, c'est GO et à la date prévue ! La motivation est de retour instantanément, il ne nous reste plus qu'à dérouler notre plan (banque, billet d'avion, site internet, assurance, sponsor ...). On ne manque pas de "travail", mais quand le 23 janvier on imprime les 9 billets d'avion... WOUAA!!!

 

  • Yoann: Je me sens plus disposé à partir. J'ai dû me faire à l'idée de ce départ et puis... c'est pas encore tout de suite. J'ai beaucoup eu envie d'en parler aux copains mais bien sûr je devais garder le secret. Heureusement, le rendez-vous entre mes parents et mon directeur approche et je vais enfin pouvoir en parler autour de moi.

 

  • Rémy: 1 an c'est beaucoup trop. 1 mois c'est suffisant! Heureusement on part avec des copains le premier mois. Mes parents m'avaient demandé de ne rien dire, le secret n'a pas été trop dur à garder même si parfois on a failli se trahir.

 

A 2 mois du départ

  • Anne:  A J-54 du départ, mes sentiments sont très confus. Difficile de les démêler… Je suis habitée par des sentiments « positifs » : l’impatience, la curiosité, la soif de découverte, le bonheur d’une liberté toute proche, à l’image de celui ressenti à la veille des vacances, libéré de toute préoccupation professionnelle et prêt à profiter des quelques jours ou semaines à venir. A l’occasion, je suis aussi sujette à questions : l’inquiétude de lâcher un quotidien confortable, l’anxiété d’une éventuelle galère pour l’un de nous 4 ou d’un membre de la famille en France, le manque de mes proches et de mes chiens (ben oui, elles font parties de la maisonnée !) ou d’un retour difficile à la fin de l’aventure. Et au centre de cela, les situations « d’urgence » : louer la maison, vendre la voiture, déscolariser les enfants, déclarer leur instruction en famille, prendre des assurances, régler les détails avec nos sponsors, tout en traitant le quotidien (travail, famille, chiens…) !
Ces multiples situations génèrent des émotions qui viennent se mêler à celles évoquées plus haut. Etonnamment, je dors bien. Un sommeil sans question, sans agitation, réparateur. Je me sens prête. J’ai la sensation que je vais vivre ce que je suis destinée à vivre : le voyage. Voyager dans tous les sens du terme : visiter d’autres pays, et découvrir d’autres cultures mais aussi être transportée physiquement et mentalement, conquérir le monde ou alors être conquise, devenir une citoyenne de ma planète, me mettre en route, aller de l’avant, m’évader vers ces prés dont les herbes semblent plus vertes vues d’ici, explorer comme une enfant, retrouver cette essence qui nous rend curieux, heureux, ouvert, libre…

 

  • Christophe:  Il y a un peu plus de 2 mois, j’ai annoncé mon départ à l’ensemble de mes collègues. Ce fut un moment vraiment agréable d’échanges, de questions et de fun ! L’occasion enfin de partager au grand jour ce que l’on préparait depuis tant de mois. Mais aussi l’occasion de quelques nuits blanches… En effet, annoncer son projet à ses parents et à ses proches amis n’a pas un réel caractère d’engagement (on se dit que si cela ne va finalement pas au bout, tout restera dans le cercle intime). L’annonce aux collègues, fut un peu pour moi comme donner une dimension irrévocable au voyage (même si je n’ai à aucun moment eu l’intention de ne plus faire ce voyage, ce fut une période perturbante).
A 2 mois du départ, tout cela est maintenant « digéré » d’autant que nous venons de terminer le mois de « processus » de vaccination avec ses 8 injections… Je suis à nouveau pleinement dans l’action et si maintenant les nuits sont parfois courtes, c’est que le cerveau me rappelle constamment le travail à faire ! Rédaction du contrat de bail, recherche des derniers sponsors, modification de notre prêt immobilier, contractualisation des assurances, revue du budget, vente de la voiture, déménagement de nos affaires personnelles… Je me demande régulièrement si nous aurons le temps nécessaire pour faire tout ce que nous avions prévu avant le départ. Heureusement que nous nous étions donné un an pour cette préparation ! Ce voyage qui n’a pas encore commencé, m’a déjà beaucoup apporté ! En effet, cette année de préparation a été un grand bol d’air frais dans ma vie quotidienne devenue très (probablement trop) routinière. Je suis heureux devant les 2 mois encore à vivre avant le départ et devant les 320 jours qui vont suivre !

 

  • Yoann: J’aimerais bien aller à tous les endroits que mes parents m’ont montrés mais la durée est beaucoup trop longue : Je ne vais voir ni mes potes, ni mes proches (autres que Papa, Maman, Rémy), ni mes toutous en chair et en os avant 320 jours après le départ et ça fait vachement long. Bon évidemment il y aura skype, google allo et duo… Mais bon c’est pas pareil. Il y a aussi la question de la maison qui va être habitée et utilisée par quelqu’un d’autre.
  • Rémy: je ne suis toujours pas à fond dans le voyage mais disons que je m’habitue doucement. De toute façon, je ne peux pas savoir ce que ça va me faire plus tard… Même demain. J’ai la sensation que le voyage est, en même temps, dans très longtemps et, en même temps, dans très peu de temps.

  

A 15 jours du départ

  • Anne:  C'est évident, on n’est pas prêts… Concernant le tour du monde, je suis sereine. Je ne réalise probablement pas encore. Pour l’instant je pars en tour du monde comme je pars en vacances: enthousiaste à l’idée de visiter de nouveaux pays, de faire de nouvelles rencontres, curieuse de ce que je vais voir et vivre, heureuse de me retrouver en famille pour une année sans pression. Mais côté matériel, il reste tant à faire… Nous devons accélérer le mouvement si on veut être prêts à temps ! Alors, je vous laisse et j’y vais !
  • Christophe: 

 

  • Yoann: Je me sens plus prêt qu’avant. Malgré tout ne plus avoir mes chiens au quotidien va être un grand changement pour moi. Pas sûr que j’apprécie… On quitte bientôt la maison pour la laisser aux locataires. Je sens de plus en plus de tension dans la maison à cause de toutes les choses qu’on doit faire.
  • Rémy: Je vois et je sens que le départ approche car c’est le stress dans la maison. Je suis un minimum prêt mais 15 jours c’est court. Il y a, encore, tout à faire. On avance quand même et on vide la maison. Je me sens assez bien, et je me pose plein de questions.

 

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