Le centre S-21

En 1975 Polpot prend Pnomh Penh. Les gens l'acclame dans le rue, pensant qu'il vient les délivrer de l'affreuse domination américaine. Mais trois heures seulement après l'arrivée de Polpot les soldats de son armée viennent dans les maisons annoncer le départ vers la campagne pour éviter des soit-disant bombardements américains. L'exode se produit très vite dans toutes les villes et les immeubles se retrouvent vides et sont parfois même détruits pour éviter un retour des populations. À partir de ce moment, Polpot (frère n°1) et ses acolytes (les autres frères et les khmers rouges) transforment un ancien lycée de la capitale en centre secret dont la fonction était inconnue à l'époque. C'est ce centre (appelé S-21) qui va nous interrésser. Sachez que cet article est un échantillon de ce qui s'est passé là-bas mais il n'en est pas moins choquant ou perturbant pour de jeunes âmes innocentes. Âmes sensibles s'abstenir donc.

Nous nous devons de préciser qu'il n'y aura pas d'image des prisonniers et des sévices subis pour des raisons de respect de privacité et de violences de celles-ci.

Les gens emmenés à S-21 étaient très souvent des intellectuels ou des ennemis du gouvernement. Toutefois ils emmenaient quelquefois des personnes qui ne faisaient pas partie de cette catégorie comme nous allons le voir après.

Le discours pour emmener ces gens à S-21 était simple : "On vous emmène vers un endroit où le gouvernement vous donnera un travail et vous serez logés et nourris". Ceux qui protestaient étaient emmenés de force.

Une fois là-bas, les gens soupçonnés de traitrise étaient torturés jusqu'à trois fois par jour de différentes manières.
Ensuite avec les aveux récupérés par la torture on rédigeait des dossiers (pouvant être étoffés, dans les plus gros cas, de cinq-cents pages) qu'on classait et gardait dans des archives.

La dèshumanisation des arrivants commencait par une photo de la personne prise avec une plaque indiquant un matricule (par lequel elle était ensuite appelée) son ancien nom et la date d'arrivée.
Ensuite on lui prenait ses vêtements et lui donnait un simple caleçon.
Puis on l'amenait dans une pièce (ancienne salle de classe, je le rappelle) et lui attachait les chevilles, avec une barre de métal, de manière à ce que les prisonniers soit alignés côte-â-côte, sur le dos, chevilles liées à celles de autres détenus. La douche était une simple jet d'eau que l'on daignait envoyer aux prisonniers très rarement. Certains n'ayant même pas reçu une goute d'eau, et d'autres étant détrempés et attrapant des maladies de peau ou des pneumonies. Les cadavres des morts de maladies n'étaient pas enlevés sur le champs et trainaient donc parmi les autres prisonniers pendant plusieurs jours.

La nourriture consistait en deux cuillères de soupes deux fois par jour. Les prisonniers pouvaient donc mourir de faim.

Après la mort, les corps étaient déposés dans des charniers à ciel ouvert.

Duch, le directeur de S-21, à été condamné à perpétuité après s'être converti au christianisme et avoir reconnu ses crimes.

Un anglais John Dewhirst et un néo-zélandais Hamill faisaient un tour du monde en bateau lorqu'ils ont été interceptés au large du cambodge. Dewhirst a été immédiatement tué et Hamill a été emmené à S-21. Sous la torture il a avoué :
- Travailler pour la CIA (c'était faux)
- Avoir des acolytes tels que le capitaine Pepper (référence à une chanson des beatles) ou le colonel Sanders (c'est le barbu de KFC) et des noms de ses amis.

Sachez que ces personnages du folklore américain était inconnus au Cambodge.

Près d'un quart de la population du Cambodge est morte dans les camps comme S-21.

Yoann et Rémy

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Commentaires: 1
  • #1

    Magali (mardi, 24 avril 2018 02:44)

    Merci les frangins reporters pour cet article au thème tout aussi intéressant que terrible! Vous participez à entretenir le devoir de mémoire.